Intelligence Artificielle : Balance pas ton porc, ni ton cheval, ni ton chien …

Balance plutôt ton robot, tes experts, tes consultants…Mais surtout ne balance pas ton manager de transition…

Non vous n’avez pas rêvé. La question est très sérieuse et fait l’objet de recherches approfondies par les plus grands sociologues notamment Jocelyne PORCHER (Sociologue à l’Institut National de la Recherche Agronomique et Auteure de « Vivre avec les animaux. Une utopie pour le XXIème siècle » paru aux éditions La Découverte en 2011) .

En quoi la question du travail animal intéresse-t-elle les sciences sociales ?

Les animaux consentent-ils à travailler ? Quels sont leurs motivations ?

De nombreuses observations ont été menées pendant plusieurs mois sur un troupeau de vaches laitières. De même sur des cochons en plein air et des rapaces participant à un spectacle dans un parc animalier. Quelle que soit l’espèce, au-delà de la récompense, il apparaît que les animaux collaborent au-delà de ce qu’on leur demande.

Le chien policier, le chien guide d’aveugle, le cheval que l’on monte s’intéressent-ils à la tâche qu’on leur demande ? La réponse est oui pour les responsables de ces études. Il existe un « travailler » animal, c’est-à-dire une subjectivité engagée dans le travail des humains. Les animaux essaient de bien faire et s’investissent dans leur travail. Cet investissement n’a rien de spontané. Il est question d’apprentissage, de communication entre l’homme et l’animal. Cet apprentissage prend beaucoup de temps, coûte très cher (par exemple pour les chiens guides d’aveugles entre 25 et 40 000 Euros selon les études pour former le chien guide et aussi le maître) et n’est pas garanti à 100 % puisque la compatibilité entre le chien et la personne non voyante n’est pas une science exacte. Beaucoup de paramètres entrent en jeu.

Mais le meilleur ciment d’une relation de travail efficace avec les animaux c’est la confiance et l’affection. Bien sûr beaucoup de bêtes sont dressées à la dure ; voire dans la souffrance. Il s’agit alors d’un travail aliéné alors que les animaux, s’ils sont dans une relation d’affection, sont capables d’un travail « consenti ».

Vers une concurrence des robots ?

Le premier secteur concerné par le remplacement des animaux de compagnie par les robots : les services à la personne ; notamment dans certaines maisons de retraites. A suivre les chiens d’aveugles et les chiens de berger…

Qu’a-t-on à y perdre ?

De l’intelligence, répond la spécialiste. Lorsqu’un chien guide un troupeau de moutons, il obéit à des consignes précises, mais il organise aussi les choses à sa façon…On mise sur son intelligence et lui mise sur la confiance que l’on met en lui. Rien de tel avec les robots. Cette interaction qui rend le binôme « homme – animal » plus intelligent n’est pas possible – pour l’instant – avec les robots qui sont dépourvus de corps, de flair et d’odeurs…

Quelles conséquences pour les sciences sociales, pour le management et pour le management de transition en particulier ?

Avec l’avènement des robots, des cerveaux bien faits mais des cerveaux déconnectés du corps, c’est le « corps à corps » qui risque de disparaître. Un monde virtuel sans référence au corps. Un monde égalitaire certes. L’homme sera augmenté de la machine mais diminué du « corps à corps » avec les animaux (70 % des insectes ont déjà disparu de la planète paraît-il) et bientôt diminué du « corps à corps » tout court.

Ce « corps à corps » qui fait le sel de toute relation de management et qui est l’essence même des missions de management de transition. Tout se passe sur le terrain…dans la mêlée pour employer un terme de rugby…rien ne se passe en chambre. La chambre, j’allais dire la chambre froide, c’est le domaine des experts et des consultants.

Nous, les managers de transition, tout se passera toujours dans le contact, le « corps à corps » du faire avec les équipes internes…