Certification des managers de transition : Piège à cons ?

Objectif MANAGEMENT DE TRANSITION : De plus en plus d’organismes proposent des formations ou des certifications pour les Managers de Transition. Qu’en pensez-vous ?

David BRAULT
 : La responsabilité d’un dirigeant d’entreprise est de veiller à la performance de ses équipes (qu’on appelle celles-ci « Consultants » ou « Managers de Transition ») et à la qualité et à la robustesse de son organisation. La certification des managers de transition n’ajoute rien à la performance de l’organisation. Ni à sa robustesse. Chaque structure, chaque dirigeant est libre d’organiser sa structure comme il l’entend. Il ne faut pas se tromper de combat. Plutôt que de se conformer à une norme, mieux vaut se conformer à l’exigence des clients en termes de performance. C’est plus sain. C’est ce que nous faisons de manière continue chez Objectif CASH (www.objective-cash.com) depuis une dizaine d’années. Les exigences des clients (Fonds d’investissements et grands groupes internationaux) sont de plus en plus fortes. Ces exigences concernent notamment le transfert des compétences et des méthodes (l’appropriation de nos travaux par les équipes du client), l’organisation et le suivi des missions et bien sûr les délivrables. Etre compétent ne suffit pas.

 

Objectif MANAGEMENT DE TRANSITION : La compétence est tout de même un pré-requis ?

David BRAULT
 : La compétence fait partie des conditions de la réussite des missions, c’est sûr. Une parmi d’autres. On peut citer parmi les conditions de la réussite des missions au moins douze autres qualités essentielles du manager de transition :

  1. la confiance en soi,
  2. la résistance au stress,
  3. la capacité d’écoute,
  4. la capacité d’adaptation à des environnements et à des personnes différents,
  5. la capacité à travailler en équipes (celles du client et celles du cabinet),
  6. l’objectivité (pour ne pas dire l’indépendance de vue et d’action),
  7. la disponibilité,
  8. la mobilité (intellectuelle et géographique),
  9. la capacité à travailler en rythme, à respecter ses engagements et les délais,
  10. la capacité à produire soi-même,
  11. la capacité à être et rester positif en toute situation,
  12. la capacité à dire non parfois.

Pour mémoire cette liste n’est pas exhaustive. Si nous interrogeons des managers de transition, la liste va avoir tendance à s’allonger.
C’est la donc combinaison et la mise en action de ces qualités essentielles, auxquelles il faudrait ajouter la loyauté et le respect de la parole donnée, qui font la différence sur le terrain. Comment certifier par un exercice théorique, en « chambre », déconnecté de la réalité du terrain, une telle combinaison de « hard » et de « soft skills » ? Rappelons que le client n’attend de nous ni un expert ni un consultant et surtout pas un rapport. Ce que le client attend c’est une action continue pour résoudre un problème ou gérer une situation complexe ou exceptionnelle. Seul un cabinet peut garantir par l’expérience accumulée au fil des missions et des années la mise en œuvre de ces qualités sur le terrain. Pour un individu isolé c’est beaucoup plus difficile. Le choix de la certification est donc plus la conséquence d’un choix d’organisation du cabinet et non pas un choix individuel de tel ou tel manager de transition.

 

Objectif MANAGEMENT DE TRANSITION : Quelle alternative voyez-vous alors à la certification des managers de transition ?

David BRAULT
 : Ce n’est pas une certification qui va nous dire comment nous devons travailler et répondre à l’exigence de qualité de nos clients. Pourquoi réinventer la roue ? Notre cabinet, avec d’autres, a participé depuis des mois aux travaux préparatoires à l’élaboration de la norme européenne du conseil en management. D’inspiration libérale, elle  tend à responsabiliser les chefs d’entreprises. Elle ne refuse pas la qualité de l’individu ou des personnes mais elle vise avant tout à améliorer la qualité de la prestation de la structure qui la délivre. C’est le cabinet qui a la responsabilité de la prestation et qui définit les critères d’organisation de celle-ci. Le 1er objectif de cette norme c’est la satisfaction du client. Les pays anglo-saxons ont pesé de tout leur poids pour exiger que la notion de résultats soit intégrée dans la norme.

 

Objectif MANAGEMENT DE TRANSITION : Concrètement en quoi cela va impacter les activités de management de transition ?

David BRAULT
 : Lorsque nous rencontrons une entreprise et que nous élaborons avec elle un projet de mission, nous vérifions tout d’abord notre capacité à faire dans les délais impartis par le client. Nous rédigeons ensuite une proposition d’intervention avec des objectifs à atteindre ou des délivrables à fournir. Ensuite la mission démarre et nous évaluons au fil de l’eau les résultats obtenus. Si nous anticipons un écart entre les résultats obtenus et les objectifs fixés nous alertons immédiatement l’entreprise pour corriger le tir. A la fin de la mission nous effectuons systématiquement, pour l’entreprise et pour le cabinet, un bilan de la prestation.

 

Objectif MANAGEMENT DE TRANSITION : Tout ceci existe déjà chez Objectif CASH j’imagine ?

David BRAULT
 : Oui effectivement nous n’avons pas attendu la norme pour mettre en place chez Objectif CASH une Charte Qualité et des systèmes d’évaluation de la prestation. La norme tout en préservant la liberté des chefs d’entreprises dans l’organisation de leur cabinet fait la promotion d’un certain nombre de bonnes pratiques. Elle établit un lien très fort entre le respect de ces bonnes pratiques et la reconnaissance de leur professionnalisme. Pour accéder à cette reconnaissance, la norme propose à chaque chef d’entreprise/cabinet une démarche d’adhésion volontaire. Chacun est libre d’adhérer à ces bonnes pratiques ou d’y faire référence.

 

Objectif MANAGEMENT DE TRANSITION : Pouvez-vous nous donner des exemples de bonnes pratiques mises en avant par la norme ?

David BRAULT
 : La norme définit des bonnes pratiques à chaque étape du processus de la prestation. On peut citer trois exemples :

  1. La norme fixe des critères précis sur l’évaluation de la capacité (« capability ») du cabinet à répondre et à honorer la mission proposée à son client. Tant en ce qui concerne la réponse à des problèmes que le client lui soumet que sa capacité à détecter des problèmes connexes ou futurs que l’entreprise n’a même pas envisagé.
  2. La norme insiste beaucoup sur le fait qu’en amont de l’accord (signature du contrat de prestation) les résultats à atteindre soient définis et les indicateurs associés à ces résultats précisés.
  3. La norme enfin considère le client (et ses équipes) comme une ressource. L’entreprise cliente doit faire sa part de travail dans le processus d’exécution de la prestation ou d’amélioration continue que vise la prestation. La norme encourage les chefs d’entreprises à faire le constat avec le client de l’évaluation de la prestation pendant toute la durée de celle-ci. De ne pas attendre la fin de la mission.

 

Objectif MANAGEMENT DE TRANSITION : Avez-vous prévu d’aller au-delà de la norme chez Objectif CASH et si oui sur quels points ?

David BRAULT
 : Oui au minimum sur trois points.

  1. Notre Charte Qualité insiste lourdement sur le respect des règles de discrétion et de confidentialité. Concrètement nous nous engageons à ne jamais citer le nom des clients chez qui nous prestons.
  2. Notre responsabilité vis-à-vis de nos clients consiste à choisir le meilleur scenario d’exécution, à combiner plusieurs traitements, talents, savoir-faire et expériences. Pour ce faire nous mobilisons différentes sortes de ressources : celle de nos équipes, celles du client (nous en avons parlé précédemment) et aussi si nécessaire et avec l’accord express de nos clients celle de notre réseau de partenaires (administrateurs judiciaires, avocats spécialisés en droit des affaires, fiscalité, experts en comptabilité IFRS, en financement, éditeurs de logiciels, consultants spécialisés etc.). Nous en avons sélectionné une quarantaine avec qui nous avons déjà travaillé avec succès par le passé et développé des affinités. La liste de nos partenaires est en ligne sur le site que nous leur avons dédié www.cash-expo.com .
  3. Nous travaillons, de préférence, depuis des années avec des ressources stables (des managers de transition que nous connaissons de longue date et dont nous pouvons garantir à la fois la capacité à faire et la loyauté). Pour les besoins de notre croissance, nous intégrons chaque année bien évidemment des nouveaux managers de transition dans nos équipes. Nous construisons avec nos managers un processus qui est tout sauf l’expression d’une pensée unique ou monolithique. Seul l’échange permanent permet l’émergence de bonnes pratiques à l’intérieur de l’équipe. Sur certaines missions l’équipe est réduite à un binôme. L’échange à l’intérieur du binôme permet d’atteindre les objectifs fixés par les clients.

 

Objectif MANAGEMENT DE TRANSITION : Revenons à la compétence. Que proposez-vous alors en termes de mise à niveau des compétences chez Objectif CASH ?

David BRAULT
 : Nous initions et formons nous-mêmes nos managers aux rudiments du métier de manager de transition. Ce qui ne nous empêche pas d’ouvrir ces initiations et ces formations au plus grand nombre. Y compris aux novices. Depuis 10 ans, nous organisons quasiment chaque semaine des petits déjeuners thématiques ou des forums réunissant entre 30 et 200 décideurs. Nous organisons également deux à trois fois par an des Universités du Management de Transition. Participent à ces réunions des managers de transition (débutants ou confirmés) mais aussi des professionnels qui s’intéressent à ce métier et qui veulent le découvrir de l’intérieur à partir d’exemples concrets de missions avant de se lancer. Parmi les profils rencontrés lors de ces Universités du Management de Transition : des professionnels de la finance au sens large et aussi des patrons de business units, des directeurs des ressources humaines, des directeurs des achats, des CEO, DG etc. Ces réunions sont des lieux d’échanges de bonnes pratiques. 1/3 du temps environ est réservé à chaque fois aux questions ou aux témoignages des participants. Nous tentons d’alterner dans les thèmes proposés des sujets techniques et des sujets management. Les thèmes de ces manifestations collent à l’actualité des missions. C’est-à-dire à ce que les clients nous demandent…

 

Objectif MANAGEMENT DE TRANSITION : Quel est le coût de ces réunions dédiées au Management de Transition organisées par Objectif CASH ? Quand s’inscrire ?

David BRAULT : L’accès à ces réunions est libre mais il faut s’inscrire à l’avance compte tenu que nous sommes dépendants de la capacité des salles que nous réservons longtemps à l’avance. Nous choisissons des lieux agréables propices à l’échange et à la convivialité. Une participation aux frais d’inscription et d’organisation est demandée pour les journées complètes (8 H 30 à 18 H). Celle-ci est modique. Les participants qui s’inscrivent à l’avance sont privilégiés et bénéficient d’un tarif « early birdie ». Tous les calendriers et tous les programmes sont en ligne et consultables sur notre site www.citizen-cash.com. Il est aussi possible de se préinscrire en ligne.

 

Vous souhaitez participer aux prochaines Universités du Management de Transition ?
Rendez-vous sur le site www.citizen-cash.com ou contactez Olivia SIEBER par mail à olivia.sieber@objective-cash.com ou par téléphone au 01 56 59 09 40.

Vous souhaitez connaître nos propositions de missions ?
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Vous souhaitez avoir plus d’informations sur les missions de management de transition, contactez David BRAULT par mail à david.brault@objective-cash.com ou par téléphone au 06 07 78 70 87.